Mission

Fondée en 1996, la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac (CQCT) a pour mission de réunir et mobiliser les appuis favorisant la mise en œuvre par les gouvernements des mesures efficaces destinées à réduire le tabagisme et ses conséquences. Les mesures recherchées visent entre autres à prévenir l’initiation au tabagisme, favoriser son abandon, protéger les non-fumeurs contre la fumée secondaire, instaurer un cadre législatif qui reflète la nature néfaste et toxicomanogène du tabac, responsabiliser l’industrie du tabac et, ultimement, réduire la demande des produits du tabac commerciaux à zéro. Quelques centaines d’organismes ont explicitement endossé sa plateforme, c’est-à-dire sa liste d’objectifs législatifs et d’orientations connexes. Ces endosseurs incluent des associations professionnelles et médicales, des établissements scolaires, d’enseignements et de santé, des associations et regroupements de santé, des facultés universitaires, des villes et des municipalités ainsi que des regroupements communautaires. (Lire plus)

Responsables

La Coalition est un projet de l’Association des intervenants en dépendance du Québec (AIDQ) dont la mission cherche à valoriser et soutenir les interventions en prévention et traitement en lien avec les dépendances. Le projet est piloté par ses deux codirectrices, soit Heidi Rathjen et Flory Doucas.

Heidi Rathjen
B.Ing., LLD (hon), Dr. h.c.(hon), C.S.M.
Codirectrice et cofondatrice (depuis 1996)

Flory Doucas
B.Sc., D.E.S.S. env. prév.
Porte-parole et codirectrice (depuis 2009)

HISTORIQUE

La Coalition a été mise sur pied à la suite d’une défaite majeure de la santé publique au Québec : le recul des taxes tabac au milieu des années 90. L’absence d’une concertation efficace au Québec visant à faire contrepoids à l’industrie du tabac dans l’arène politique avait résulté avec les gouvernements du Québec et du Canada de consentir, en 1994 et 1995, à la baisse radicale des taxes-tabac réclamées par l’industrie du tabac pour juguler le marché de la contrebande. En effet, les grands cigarettiers et les associations de dépanneurs qu’ils dirigeaient avaient réussi à convaincre les gouvernements de faire marche arrière sur la mesure la plus efficace pour réduire le tabagisme, alors que ce sont ces mêmes entités qui avaient orchestré cette contrebande! (Les cigarettiers plaideront coupables une dizaine plus tard.) Mais le mal était fait. Le recul des taxes-tabac dans les années 90 a entrainé une hausse importante du nombre de jeunes et de jeunes adultes faisant usage de la cigarette, ralentissant,voire annulant les progrès qui avaient été réalisés auprès des jeunes adultes québécois pendant les dix années précédentes (fig. 1).

Louis Gauvin, cofondateur et codirecteur (1996-2009)

Face à cette immense défaite pour la santé publique, Louis Gauvin, un ancien professeur et alors intervenant en santé publique en Montérégie, a vu la nécessité d’interpeller toutes les organisations, associations et instances ayant à cœur la santé des Québécois.es à s’exprimer dans la lutte politique contre l’industrie du tabac. Il a recruté Heidi Rathjen, témoin de la tuerie de la Polytechnique et militante aguerrie pour le contrôle des armes, pour ensuite cofonder avec elle la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac en 1996.

Au fil des ans, les multiples campagnes et collaborations de la CQCT ont fait contrepoids à l’industrie du tabac et ses alliés économiques et idéologiques de manière à obtenir d’importantes victoires de santé publique, soit toute une gamme de nouvelles mesures qui ont, nul doute, contribué à la réduction substantielle du tabagisme au Québec de 35% de la population (15 ans+) en 1994/95 à 17% (12 ans+) en 2019, soit une réduction de plus de 50%. (Lire plus sur nos accomplissements)

 

Il importe cependant de constater que les progrès législatifs et de réduction du tabagisme s’avèrent relativement modestes, notamment lorsqu’on sait que le consensus scientifique mondial entourant la dangerosité du tabac date de plus 60 ans. Même si on sait depuis longtemps que le tabagisme est la première cause de décès évitable, on compte aujourd’hui au Québec encore 1,2 million de fumeurs, le tabagisme accapare le tiers des séjours hospitaliers et l’industrie continue de générer des profits records. Ces constats s’expliquent surtout par l’influence notoire de l’industrie du tabac, connue pour son « intention expresse de saper le rôle des gouvernements … dans la mise en œuvre de politiques de santé publique visant à lutter contre l’épidémie de tabagisme ».

RECONNAISSANCE

L’équipe de la Coalition a reçu plusieurs reconnaissances au fil des années dont la médaille « Un monde sans tabac » de l’Organisation mondiale de la Santé (1999), le certificat pour l’équipe non-fumeuse de l’année de l’Association pour les droits des non-fumeurs (2008), la médaille de l’Assemblée nationale (2016) et le Prix Leadership en politiques publiques de la Société Canadienne du cancer (2017).

FINANCEMENT

La CQCT est un projet financé par le ministère de la Santé et des Services sociaux qui a été mis sur pied en 1996 chez l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) conformément à sa mission de promouvoir la santé publique. En 2019, le projet a été transféré à l’Association des intervenants en dépendance du Québec (AIDQ), dont la mission cherche plus spécifiquement à valoriser et soutenir les interventions en prévention et traitement en lien avec les dépendances. Le financement public de groupes antitabac de la société civile s’appuie entre autres sur la Convention-cadre pour la lutte antitabac (CCLAT), un traité international de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) qui a été ratifiée par le Canada en 2005 et approuvée par le Québec par le biais d’une motion adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale. Le traité inclut dans ses principes directeurs la reconnaissance du rôle « essentiel » de la société civile pour combattre efficacement l’épidémie industrielle qu’est le tabagisme et recommande aux gouvernements de mettre en œuvre les mesures nécessaires pour favoriser la participation de la société civile à l’élaboration des efforts antitabac. De plus, le Programme national de santé publique (PNSP) du gouvernement du Québec souligne que la collaboration avec les partenaires (dont les organisations à but non lucratif) est une « fonction essentielle de la santé publique ».