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Le 18 janvier 2005

Pour diffusion immédiate


COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 



Semaine nationale sans fumée 2005 - Rapport de situation
 

Le Québec affiche un retard marqué en matière

 de réglementation antitabac

 

Montréal, le 18 janvier 2005 —Malgré l’adoption en 1998 de la Loi 444 sur le tabac, le Québec affiche plusieurs retards selon un rapport émis aujourd’hui par dix coalitions provinciales de lutte contre le tabagisme (1) Tant sur la question de taxation, la fumée secondaire et la promotion des cigarettes aux points de vente, le Québec obtient une note d’échec.

 

FUMÉE SECONDAIRE

Le rapport, sous forme de bulletin, donne au Québec la note « incomplète » en ce qui concerne la protection contre la fumée secondaire dans les milieux de travail, et une note d’échec pour les lieux publics. « Le Québec était la première province à intervenir pour réduire l’exposition involontaire à la fumée secondaire en milieu de travail sur l'ensemble de son territoire. Malheureusement, en omettant une protection complète dans les restaurants, les bars et d’autres milieux publics, le Québec a oublié la santé des travailleurs et travailleuses dans ces domaines. Comparativement aux interdictions de fumer en Ontario, au Manitoba, au Nouveau-Brunswick, à Terre Neuve, au Nunavut et dans les Territoires du Nord-Ouest, le Québec affiche un sérieux retard à cet égard » affirme monsieur Louis Gauvin, porte-parole de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac.

 

« Nous sommes confiants qu’au terme de la consultation amorcée la semaine dernière par le ministre de la santé, le gouvernement interdira complètement la fumée de tabac dans tous les lieux publics, sans possibilité de fumoirs qui sont loin d’offrir une protection satisfaisante. Mais il faut rappeler à ceux qui plaident en faveur d’une longue période d’adaptation que la fumée secondaire porte sérieusement atteinte à la santé de la population, faisant plus de 300 victimes annuellement. On ne doit pas retarder la mise en vigueur des interdictions complètes alors qu’elles existent ailleurs dans le pays et dans le monde » rajoute monsieur Gauvin.

 

PROMOTION

Les comparaisons entre les provinces font aussi ressortir que le Québec est loin d’être un meneur sur la question de la promotion des produits du tabac dans les points de vente. Malgré l’interdiction de la publicité directe et indirecte dans la loi québécoise, l’industrie a trouvé de nombreux moyens de contourner la loi pour faire la promotion de type « style de vie », les cigarette girls dans les partys n’étant qu’un exemple parmi plusieurs. De plus, l’industrie innove pour montrer ses produits dans le quotidien de population par le biais de la promotion aux points de vente. L’industrie ne contente pas d’utiliser les détaillants pour vendre ses produits, mais elle les utilise aussi comme des murs à tapisser avec ses paquets de cigarettes. Cette forme de promotion est d’autant plus sournoise qu’elle banalise la dangerosité de ses produits» explique monsieur Gauvin.

 

Le Manitoba et le Nunavut ont imité la Saskatchewan en adoptant une interdiction complète de toute promotion visible des produits de tabac dans les points de vente, et se positionnent donc loin devant le Québec qui lui obtient un échec sur cette question.

 

Des données (2) de Santé Canada rendues publiques hier, confirment ce que les groupes de santé partout au pays observaient depuis quelques temps — une effervescence de la promotion du tabac dans les points de vente. Les données rapportent comment année après année l’industrie du tabac augmente ses investissements chez les détaillants pour assurer une promotion tape à l’œil des cigarettes : Par exemple, en 2001, les cigarettiers ont payé plus de 74 millions aux détaillants pour assurer la promotion de leurs produits. En 2003 ils ont versé plus de 84 millions. Selon monsieur Gauvin, « l’importance et l’augmentation des investissements devraient servir d’alerte aux gouvernements, comme quoi il s’agit d’une stratégie privilégiée des compagnies de tabac pour encourager la consommation du tabac. »

 

Ces établissements sont fréquentés par toute la population, les mineurs, les ex-fumeurs et des gens essayant de se défaire de la dépendance à la nicotine. Les énormes murs de cigarettes et les présentoirs omniprésents contredisent tous les messages de santé venant du gouvernement et des organismes médicaux. « Situés près des friandises, ils envoient le message insidieux que les cigarettes sont un produit normal, le tabac n’est pas si pire que ça, le tabagisme est populaire et répandu » explique monsieur Gauvin.

 

TAXES

Quant au prix des cigarettes, le Québec occupe le dernier rang avec les taxes sur le tabac les moins élevés au pays.

 

« Le Québec a beaucoup de terrain à reprendre et la révision de la Loi sur le tabac est un bon début. Le gouvernement, les élus et le ministre Couillard devront faire preuve de leadership pour que le Québec reprenne le premier rang parmi les juridictions qui s’efforcent de lutter contre la principale cause de maladies et de décès évitables dans notre société» conclut monsieur Gauvin.

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Information :

Louis Gauvin, coordonnateur de la Coalition pour le contrôle du tabac
514. 598-5533 ou 514. 361-7046

 

[1] Conseil canadien pour le contrôle du tabac. Semaine nationale sans fumée 2005 - Rapport de situation
     (
www.ncth.ca/NCTH_new.nsf/MainFrameSet_FR?OpenFrameSet )

[2] Médecins pour un Canada sans fumée. Tobacco Company payments to Retailers for Cigarette Promotions increase by 50%.
   
 Communiqué de presse, 17 janvier 2005. Données de Santé Canada obtenues par une demande à l’information, janvier
     2005. (www.smoke-free.ca/eng_home/news_press_jan17_2005_retail_promotion.htm )