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COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 


Mercredi le 17 septembre, 2003
Pour diffusion immédiate

Des groupes de santé demandent à Jean Chrétien de ne pas céder au chantage de la F1 et des compagnies de tabac

Les groupes de santé réagissent à la demande
du Maire Tremblay et de Normand Legault

Montréal, le 17 septembre 2003—Dans une lettre adressée au Premier ministre du Canada, la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac demande de ne pas céder au chantage exercé par la F1 et les compagnies de tabac, chantage soutenu par monsieur Normand Legault et la coalition des commerçants du Centre-ville de Montréal.

Voici des extraits de la lettre qui a été adressée au Premier ministre :


La Coalition et d’autres groupes de santé sont extrêmement déçus des déclarations faites aujourd’hui par le maire Gérald Tremblay et le promoteur du Grand Prix de Montréal, monsieur Normand Legault, qui ont demandé aux gouvernements fédéral et québécois d’exempter les écuries de la Formule Un de l’interdiction de la commandite de tabac pour les marques non-vendues au Canada.

« Le fait que les marques ne seraient pas vendues au Canada ne minimise en rien l’impact négatif sur la santé publique. Premièrement, le Canada serait hypocrite de promouvoir des marques de tabac pour le reste du monde alors qu’il juge trop dommageable de le faire auprès de ses propres citoyens. Deuxièmement, le fait d’apposer n’importe quelle marque de tabac sur les autos de course aide les compagnies de tabac à vendre plus de cigarettes : que ce soit Marlboro ou Players’, la simple présence des marques de cigarettes sur les voitures normalise le tabac et envoie un message contradictoire concernant la dangerosité du produit, » explique monsieur Gauvin.

« Ils peuvent bien parler de ‘trois jours seulement’. La Formule Un est le véhicule publicitaire le plus puissant au monde. Les publicités de tabac sont vues par des milliards de spectateurs dans plus de 100 pays. Ces ‘trois jours’ font bien l’affaire des multinationales du tabac! »

« Est-ce que nous devrions suspendre nos lois environnementales lorsqu'une compagnie, qui a des retombées économiques imortantes, menace de déménager si elle n'a pas le droit de déverser ses substances toxiques dans le Fleuve Saint-Laurent ... pendant seulement trois jours?»

Permettre une dérogation à la loi, c’est ouvrir la porte à ce que tous les événements majeurs du Canada demandent eux aussi les mêmes compromis que ceux accordés à la F1. « Comment autoriser la commandite de tabac pour la F1 sans que les organismes qui étaient commandités par le tabac demandent aux tribunaux un traitement équivalent » demande François Damphousse, de l’Association pour les droits des non-fumeurs. « On peut s’attendre à ce que dans un tel contexte les compagnies de tabac offrent immédiatement des commandites substantielles aux événements culturels et sportifs, qui demanderont à leur tour des compensations financières quand les gouvernements voudront appliquer la loi. »

Coalition des commerçants
La Coalition québécoise pour le contrôle du tabac dénonce également le regroupement de commerçants du Centre-ville qui demandait hier, en conférence de presse, des compensations financières si les gouvernements du Québec et du Canada refusaient de modifier la loi sur le tabac pour permettre la tenue du Grand-Prix du Canada.

« Il est indécent d’entendre le porte-parole de la coalition de commerçants et président de Tourisme-Montréal, Monsieur Charles Lapointe, réclamer des compensations. Le SRAS, les incendies qui détruisent des centaines de demeures, la vache-folle… là on peut parler de désastres qui justifieraient des compensations gouvernementales. Mais une réduction des profits pendant une semaine pour des commerces déjà lucratifs?

« Faudra-t-il payer des compensations financières à chaque fois que l’application d’une loi ne fait pas l’affaire d’un groupe de commerçants ? Le fait de tenir à Montréal un événement prestigieux donne-t-il des droits permanents aux profits pour les restaurateurs et les hôteliers qui sont, faut-il le rappeler, des compagnies privées ?

« Les dispositions de la loi sur le tabac sont connues depuis longtemps, la F1 a bénéficié d’un sursis de 7 ans, que leur faut-il de plus ? Accorder des compensations financières aux commerçants dans un tel contexte, amènera-t-il les mêmes commerçants à réclamer des compensations à chaque fois qu’une intervention gouvernementale affecte leurs profits? Cela n’a aucun sens. »

« Il y a des milliers de Québécois et Québécoises qui ont perdu la vie à cause du tabac… d’autres ont subi de durs traitements de radiothérapie à cause du tabac. S’il y a des consolations à offrir, ce sont plutôt à ces gens-là qu’il faut penser! » a dénoncé monsieur Louis Gauvin, porte-parole de la Coalition.

Selon les groupes de santé, les retombées économiques ne peuvent et ne doivent en aucun cas avoir préséance sur la santé publique.

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- Louis Gauvin, Coalition québécoise pour le contrôle du tabac : 514-361-7046