Coalition canadienne pour l’action sur le tabac

Association dentaire canadienne Association pour les droits des non-fumeurs
Association pulmonaire canadienne Coalition québécoise pour le contrôle du tabac
Conseil canadien pour le contrôle du tabac Fondation des maladies du coeur du Canada
Médecins pour un Canada sans fumée Médecins pour un Canada sans fumée

COMMUNIQUÉ

Un an s’est écoulé depuis que le gouvernement
a mis l’industrie du tabac au défi de retirer les descripteurs mensongers

Selon les groupes de santé, la ministre McLellan a besoin d’agir maintenant pour mettre fin à la tromperie des cigarettes « légères » et « douces »

Ottawa, le 27 mai 2002 - Les groupes de santé canadiens ont exprimé aujourd’hui leur frustration croissante à l’égard de la ministre fédérale de la Santé Anne McLellan pour son manque d’initiative concernant la commercialisation trompeuse des cigarettes dites « légères ».

« L’année dernière, nous pensions que le gouvernement fédéral allait finalement agir pour empêcher les compagnies de tabac d’induire en erreur les fumeurs sur les risques pour la santé des différentes marques de cigarettes, a rappelé Mme Lyne Deschênes de la Société canadienne du cancer. Depuis près de six mois, nous n’avons reçu aucun signe d’action de la part du gouvernement, pendant que l’industrie du tabac, continue d’explorer de nouvelles approches afin de perpétuer la tromperie des cigarettes affichant une plus faible teneur en goudron. »

Le 31 mai 2001, le gouvernement a donné un délai de 100 jours à l’industrie du tabac pour retirer volontairement les termes trompeurs « légères » et « douces », qui offrent aux fumeurs préoccupés par leur santé une fausse alternative à la cessation. L’industrie a refusé de se conformer à la requête, demandant plutôt une période de transition de deux ans et un système de classification, approuvé par le gouvernement, pour différencier les cigarettes dites « à forte teneur en goudron » de celles dites « à faible teneur en goudron ». Depuis qu’elle a commencé à assumer ses nouvelles fonctions en janvier dernier, la ministre de la Santé Anne McLellan a refusé d’annoncer si elle a l’intention d’entreprendre quoi que ce soit pour régler ce problème.

« Soyons clair au sujet de ce que proposent les compagnies de tabac, explique Mme Deirdre Freiheit de l’Association pulmonaire canadienne. Elles veulent qu’on leur permette de continuer, par d’autres moyens, à induire les fumeurs canadiens en erreur, parce qu’elles savent que le fait d’offrir un faux sentiment de réduction des risques permet de garder comme clients des fumeurs qui sont préoccupés par leur santé. Pour le fumeur humain, il n’existe pas de cigarettes à forte ou à faible teneur en goudron. »

Les recherches scientifiques indiquent que la quantité de substances cancérigènes par cigarette absorbées par le fumeur dépendant à la nicotine n’a que très peu de rapport avec la marque de cigarettes consommée. À cause de leur dépendance, les fumeurs ajustent leur comportement jusqu’à ce qu’ils atteignent leur dose habituelle de nicotine. Les cigarettes ont été conçues pour faciliter ce processus dans la mesure du possible.

« Le gouvernement réglemente l’usage des termes “légers” dans l’étiquetage des produits alimentaires, comme par exemple la margarine ou le yogourt, afin de s’assurer que les produits “légers” contiennent réellement moins de calories, signale M. Doug MacQuarrie, directeur de la promotion de la santé pour la Fondation des maladies du cœur du Canada. Mais lorsqu’il s’agit des cigarettes, le seul produit de consommation qui tue la moitié des utilisateurs à long terme, le gouvernement laisse les manufacturiers recourir à des descripteurs comme et “légères” et “douces” sans aucune forme de supervision ou de restriction. »

Il faut agir maintenant !

En décembre 2001, sous la gouverne du précédent ministre de la Santé, M. Allan Rock, Santé Canada a publié un avis d’intention de réglementer les cigarettes « légères ». En janvier 2002, M. Rock a été remplacé par Mme Anne McLellan, qui n’a jamais indiqué publiquement si elle avait l’intention de poursuivre cette initiative.

« Des Canadiens meurent présentement à cause de la fausse croyance que les cigarettes “légères” et “douces” sont plus sécuritaires que les cigarettes “régulières”, affirme M. Garfield Mahood de l’Association pour les droits des non-fumeurs. Le gouvernement a mené une importante campagne publicitaire l’automne dernier pour dire que le terme “légères” constitue une expression trompeuse. L’Union européenne est en train d’interdire l’utilisation des termes “légères” et “douces”. Le Brésil les a déjà interdits. Les Australiens mènent présentement une enquête sur cette question. Plusieurs poursuites importantes sont actuellement en cours aux États-Unis et en Israël, accusant l’industrie du tabac de fraude commerciale pour avoir utiliser des termes trompeurs sur les emballages des cigarettes. Pourquoi les Canadiens devraient-ils être moins protégés contre les pratiques commerciales trompeuses d’une industrie prédatrice? »

Les groupes de santé demandent que la réglementation proposée soit améliorée pour empêcher les fabricants de cigarettes de remplacer simplement les termes « légères » et « douces » avec des synonymes tout aussi trompeurs. « Nous voulons que le projet de règlement soit amélioré et non abandonné, fait valoir Louis Gauvin de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac. En toute probabilité, plusieurs milliers de Canadiens sont déjà décédés parce qu’on a permis à cette duperie de perdurer beaucoup trop longtemps. Assez, c’est assez ! »

-30-

Voir aussi :

 

Pour de plus amples renseignements :

Neil Collishaw (613) 233-4878
Francis Thompson, ADNF (613) 230-4211
Louis Gauvin (514) 361-7046
Lyne Deschênes (613) 565-2522, poste 304

     
  {short description of image}  Retour à la page d'accueil  
  Dernière mise à jour :
le 28 mai 2002