819 rue Roy Est, Montréal, QC H2L 1E4; tél.: (514) 598-5533; télécopieur : (514) 598-5283; courriel : coalition@cqct.qc.ca 


COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

LE MARDI 27 MAI 2003
POUR DIFFUSION IMMÉDIATE

RÉDUCTION DU TABAGISME ET FINANCEMENT DU SYSTÈME DE SANTÉ :
Les groupes de lutte contre le tabac demandent au nouveau gouvernement une hausse immédiate des taxes sur le tabac


Montréal, le 27 mai 2003 – Les groupes de santé qui luttent contre le tabac demandent au nouveau ministre des Finances du gouvernement du Québec d’augmenter les taxes sur les cigarettes de 10 $ la cartouche afin de soutenir plus efficacement les efforts menés dans toutes les régions du Québec pour faire diminuer le taux de tabagisme, particulièrement chez les jeunes. « Chaque augmentation du prix du tabac permet de diminuer le nombre de fumeurs, réduit les coûts liés au traitement des maladies causées par le tabac, et génère des revenus supplémentaires pour financer le système de santé », a indiqué monsieur Louis Gauvin, porte-parole de la Coalition.

Selon la Fondation pour la lutte contre le tabac (Ottawa), une hausse de 10 $ la cartouche inciterait environ 3,5% des fumeurs adultes à cesser de fumer1, soit plus de 55 000 fumeurs au Québec2.  Puisqu'un fumeur régulier sur deux meurt d'une maladie attribuable au tabac, la hausse de taxe demandée pourrait donc éviter plus de 25 000 décès prématurés.  Par ailleurs, une étude du Groupe d'Analyse Économique portant sur l'impact d'un programme anti-tabagique sur le coût des soins de santé au Québec, publiée en mai 2002, démontre qu'une telle diminution (3.5% du nombre de fumeurs ou 1% du taux de tabagisme3) prodruirait un bénéfice net pour le gouvernement de l'ordre de 558 à 886 millions $ après 10 ans (économies liées à une diminution de 1% du taux de tabagisme)4.

Au-delà des milliers de vies sauvées et de la diminution significative des coûts du système de santé, cette hausse de 10 $ la cartouche génèrerait des revenus supplémentaires annuels d'environ 420 millions de dollars au gouvernement du Québec5.

Les groupes de santé du Québec demandent aussi au gouvernement de porter à 75 millions de dollars annuellement le budget du Plan québécois de lutte au tabagisme à partir d'un pourcentage (moins de 10%) des nouveaux revenus générés par l'augmentation des taxes.  Ce plan est doté actuellement d'une eveloppe budgétaire de 45 millions de dollars.  Selon les barèmes du Centre de contrôle et de prévention de la maladie des États-Unis (Centers For Disease Control and Prevention, CDC), un programme de prévention du tabagisme efficace6 pour une po;ulation de la taille du Québec7 devrait se chiffrer entre 64 et 178 millions $ CAN8.

« Le nouveau ministre de la Santé, monsieur Philippe Couillard, a déjà indiqué à plusieurs reprises que la prévention était la meilleure façon de réduire les coûts de la santé. L’injection de 30 millions de dollars de plus au Plan québécois de la lutte au tabagisme est sans aucun doute l’une des meilleures façons d’atteindre cet objectif », a ajouté monsieur Mario Bujold, directeur général du Conseil québécois pour le tabac et la santé. Il rappelle que le tabac demeure la plus importante cause de maladies et de décès évitables dans notre société, tuant 12 000 Québécois et Québécoises chaque année.

Province

Prix9

Colombie-Britannique

72.06 $

Alberta

72.06 $

Saskatchewan

76.11 $

Manitoba

75.64 $

Ontario

56.23 $

Québec

57.19 $

Nouveau-Brunswick

67.68 $

Nouvelle-Écosse

70.60 $

Île du Prince-Édouard

69.82 $

Terre-neuve

75.15 $

Yukon

66.07 $

Territoires Nord-ouest

82.76 $

Nunavut

71.21 $

PAS DE RISQUE DE CONTREBANDE: Selon François Damphousse, directeur du Bureau du Québec de l’Association pour les droits des non-fumeurs, il n’y a pas de risque réel de voir la contrebande de cigarettes augmenter. «Les prix du tabac au Québec et en Ontario sont les plus bas au pays. En tenant compte d’une éventuelle augmentation de 10 $, le prix de la cartouche au Québec serait porté à 66,12 $ et serait encore inférieur aux prix en vigueur dans toutes les provinces à l’exception de l’Ontario. En ce qui concerne la contrebande par le biais de l’exportation vers les États-Unis, le risque demeure minime puisque le gouvernement fédéral et celui des provinces ont adopté un système de taxes à l’exportation qui élimine à toute fin utile le marché noir».  

UNE TAXE ACCEPTABLE POUR LA POPULATION
Selon Suzanne Lemire, du bureau du Québec de la Société canadienne du cancer,  il n’y a pas de champ de taxation qui peut générer autant de revenus sans amener des contestations de citoyen. « Les sondages menés au cours des dernières années au Québec et ailleurs au Canada démontrent que près de 70 % de la population appuie généralement une hausse de taxe sur les produits du tabac. Étant non-fumeurs, les trois-quarts des gens ne seraient pas touchés par une telle hausse.  De plus, les études démontrent que les fumeurs sont généralement d’accord avec les mesures susceptibles de prévenir le tabagisme chez les jeunes ou de venir en aide aux fumeurs qui désirent arrêter. »

« L’augmentation de la taxe sur les cigarettes pourrait largement contribuer à solutionner les problèmes budgétaires dont ont fait état les différents ministres du nouveau gouvernement Charest. L’occasion est bonne, cette proposition contribuera à sauver des vies, à augmenter le soutien à la lutte au tabac et à équilibrer le budget de la province », a conclu monsieur Louis Brisson, directeur général de l’Association pulmonaire du Québec.

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Information : - Louis Gauvin, coordonnateur, Coalition québécoise pour le contrôle du tabac, (514) 598-5533 ; François Damphousse, directeur du bureau du Québec, Association pour les droits des non-fumeurs, (514) 843‑3250 ; Mario Bujold, directeur général, Conseil québécois sur le tabac et la santé, (514) 948-5317 # 22; (514) 830-8343 (cellulaire) ; Suzanne Lemire, porte-parole, Société canadienne du cancer - division du Québec, (514) 255-5151 ; Louis P. Brisson, directeur général, Association pulmonaire du Québec, (514) 287‑7400 #229
 

1 Basée sur une élasticité de la consommation de –0,4, ce qui est une mesure d'élasticité assez conservatrice (c.-à-d. une baisse de 4% de la consommation pour une augmentation du prix de 10%).  Selon le National Bureau of Economic Research (« Estimating price elasticity when there is smuggling : The Sensitivity of smoking to price in Canada, mai 2002), l'élasticité se situerait plutôt entre –0,45 et –0,47. Une augmentation de 10$ la cartouche au Québec équivaut à une augmentation de 17,41 % du prix, en comptant la TPS.
2 Fondation de lutte contre le tabac, Tableau comparatif « Scénario sur l'impact d'une augmentation du prix de la cigarette au Québec », 2003.
3 Selon les dernières statistiques de Santé Canada : taux de tabagisme de 27% au Québec (premier trimestre de 2002).
4 Groupe d'Analyse Économique, « Impact d'un programme anti-tabagisme sur le coût des soins de santé au
Canada
», 9 avril 2002.
5 Fondation de lutte contre le tabac, Tableau comparatif « Impact sur les revenus provenant de la taxe québécoise sur le tabac, 2003.
6 Center for Disease Control and Prevention, "Best Practices for Tobacco Control Programs", août 1999.
7 Population du Québec pour 2002 = 7 455 200 Statistiques Canada,  http://www.statcan.ca/francais/Pgdb/demo31a_f.htm; population de la Caroline du Nord = 7 425 183, Center for Disease Control and Prevention, "Best Practices for Tobacco Control Programs", août 1999.
8 Conversion 2001 selon la Banque du Canada des chiffres pour la Caroline du Nord (“Total upper estimate = $ US 118 626 000, total lower estimate = $ US 42 591 000, Per Capita upper estimate = $ US 15.98, Per Capita lower estimate = $ US 5.74”), Center for Disease Control and Prevention, “Best Practices for Tobacco Control Programs”, août 1999.
9 « Prix moyen d’une cartouche de 200 cigarettes » Fondation de lutte contre le tabac (Ottawa), 26 mai 2003.

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