|
||
|
eMBARGO : le mercredi 9 avril 2003
Une campagne électorale axée sur la santé ?
Montréal, le 8 avril 2003 -
Malgré le fait que les trois partis politiques
québécois aient annoncé que la première priorité d’un futur gouvernement
serait la santé, la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac
s’inquiète qu’aucun d’entre eux n’ait accepté de rendre publique sa
position concernant la lutte contre le tabac. En début de campagne, la
Coalition avait fait parvenir aux porte-parole de la santé de chacun
des partis un questionnaire afin de connaître leur stratégie d’action afin
de diminuer l’épidémie de tabac qui cause la mort de 12 000 personnes
chaque année au Québec. Aucun parti n’y a répondu. En effet, une étude économique, dirigée par les économistes Pierre-Yves Crémieux, Pierre Ouellette et Patrick Petit rendue publique en mai 2002 par le Groupe d’analyse Économique, a démontré qu’un programme de réduction du tabagisme réduisant le taux de 1 % par année résulterait en des économies allant de 588 millions $ à 886 millions $ après dix ans pour les coffres du Québec. Le questionnaire que la Coalition a fait parvenir aux différents partis politiques portait sur leur intention :
La Coalition se dit très surprise que le Parti Québécois n’ait pas pris position officiellement sur ces questions. « Au cours des deux derniers mandats, le Parti Québécois a fait beaucoup pour contrer l’épidémie de tabac. L’adoption de la loi, la diffusion de campagnes d’information, l’augmentation des taxes, le paiement de l’aide à la l’abandon du tabac, l’augmentation des budgets à la prévention sont toutes des mesures qui ont été appréciées par le milieu et la population en général. On ne comprend pas pourquoi le PQ n’a pas pris d’engagements précis au cours de la campagne électorale » a indiqué monsieur Gauvin. Le même questionnement s’applique aussi au Parti Libéral. « Dans l’opposition, ils ont toujours appuyé les mesures de contrôle du tabac, ils ont voté en faveur de la loi mais il a été impossible de connaître leur intention pour le futur. Son programme axé sur la santé ne mentionne aucune mesure pour faire diminuer l’incidence du tabac au Québec. Pourtant, les maladies liées au tabac sont les principales causes de mortalité évitable. Diminuer le nombre de fumeurs, c’est diminuer les coûts au système de santé » affirme le porte-parole de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac. Monsieur Gauvin s’est dit aussi surpris que l’ADQ qui n’a rien prévu à son programme n’a pas voulu profiter de ce questionnaire pour préciser sa pensée, surtout compte tenu de la position qu’avait pris son chef lors du débat sur la Loi québécoise. En effet, Mario Dumont s’était objecté à cette législation avant son adoption en 1998 et s’était absenté au vote. La Coalition se demande donc : les partis politiques se contentent-ils de la baisse récente du nombre de fumeurs? Est-ce qu’ils sont prêts à accepter un taux de tabagisme au Québec de 27%? Est-ce qu’ils ont l’intention de laisser l’industrie du tabac continuer de trouver des moyens pour normaliser ses produits, les rendre attrayants aux jeunes, manipuler les fumeurs avec des appellations trompeuses comme « légères » et opposer les hausse des taxes en branlant la menace de la contrebande? Pour la Coalition, « il est fondamental que nous connaissions le point de vue des partis car nos 750 organismes membres et nos 600 supporters individuels, sans oublier le public, ont le droit de savoir pour qui ils votent, » conclut monsieur Gauvin. -30-
Information :
Louis Gauvin,
Porte-parole
|
||