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LE MARDI 4 MARS 2003
POUR DIFFUSION IMMÉDIATE
Discours du pdg d’Imperial Tobacco sur ses
stratégies de marketing:
LES GROUPES DE SANTÉ DÉNONCENT LES JUSTIFICATIONS DE L’INDUSTRIE
AINSI QUE LA COMMANDITE DU GOUVERNEMENT DU QUÉBEC
Montréal,
le 4 mars 2003 – « Il m’est impossible d’imaginer comment on
peut associer ‘succès’ et ‘stratégies de marketing’ lorsqu’on parle d’un
produit qui tue la moitié de ses consommateurs » fulmine Louis Gauvin,
porte-parole de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac en
réaction au discours de Robert Bexon, président et chef de la direction d’Imperial
Tobacco, qu’il a livré ce midi à l’Hôtel Ritz-Carlton lors d’un dîner
organisé par l’Association de Marketing de Montréal.
« On dirait que monsieur Bexon oublie que ses produits tuent lorsque
utilisés exactement selon l’intention du fabricant » poursuit Louis
Brisson, directeur général de l’Association pulmonaire du Québec. «
Mais nous, nous connaissons trop bien les conséquences du marketing d’Imperial
Tobacco et des autres fabricants de tabac : le cancer du poumon,
l’emphysème, la bronchite et d’autres maladies respiratoires chroniques. »
En effet, selon la publicité de l’événement, M. Bexon se vantera d'avoir
fait augmenter de plus de 50 % la part de marché de sa compagnie au cours
des 20 dernières années. « Un bel exemple de réussite, mise à part une
aberration majeure : le 71 % du marché canadien de cigarettes que détient
maintenant Imperial Tobacco se traduit par la responsabilité pour la
majorité des décès de 45 000 Canadiens qui mourront cette année de
maladies causées par le tabac, » précise Mario Bujold, directeur
général de du Conseil québécois sur le tabac et la santé. « Il est
aussi irresponsable qu’immoral de parler de ‘succès’ lorsqu’on évoque
l’ampleur de la plus importante cause de maladies et de décès évitables
dans notre société. Pour nous, le seul ‘succès’ possible dans le cadre de
ce débat est la réduction de la consommation du tabac.»
Contrairement aux aveux publics d’Imperial Tobacco, les documents internes
de cette compagnie démontrent qu’elle développe des stratégies de
marketing pour augmenter le marché, c’est-à-dire pour recruter de nouveaux
jeunes fumeurs (ce qui vient d’être confirmé dans un jugement de la Cour
supérieure du Québec). Ce sont ces « stratégies de marketing créatives
et efficaces » que M. Bexon a présenté à l’auditoire ce midi, bien
qu’il l’a fait sous le prétexte qu’elles ne servent qu’à « amener les
fumeurs adultes à choisir nos marques plutôt que celles de nos
concurrents. » [*Voir recueil des citations des documents internes
d’Imperial Tobacco compilées par la Coalition qui contredisent cette
affirmation.]
« À la Société canadienne du cancer, nous travaillons quotidiennement
avec des milliers de victimes du tabac et nous pouvons dire que cette
conférence constitue un affront sans égal pour nos patients » ajoute
Nicole Magnan, directrice générale de la Division du Québec de la Société
canadienne du Cancer. « Nous croyons que l’Association marketing de
Montréal a fait un choix tout à fait irresponsable et devrait s’excuser
auprès des milliers de familles québécoises qui ont perdu un proche à
cause des stratégies marketing de M. Bexon. »
Commandite du Gouvernement du Québec
Dans une lettre adressée la semaine dernière au ministre responsable de la
lutte au tabac, M. Roger Bertrand, la Coalition et sept autres
organisations ont demandé au Gouvernement du Québec de retirer sa
commandite de cet événement et de faire une mise au point publique de
façon à ce qu’il se dissocie de cette présentation. Les groupes
rappelaient que « Le Gouvernement du Québec, par le biais de son
ministère de la Santé et des Services Sociaux, investit des dizaines de
millions de dollars chaque année afin d'alléger le lourd fardeau imposé
aux Québécoises et aux Québécois par l'industrie du tabac. Les coûts
économiques sont énormes, les pertes humaines, incalculables. Dans ce
contexte, l'appui à cette conférence du ministère de l’Économie et des
Finances, de l’Industrie et du Commerce, des Sciences et de la Technologie
est pour le moins ironique. » En effet, selon M. Gauvin, « il est
inadmissible que le Gouvernement finance d’une manière ou d’une autre une
conférence qui mettra en valeur les réussites marketing d’une industrie
qui tue ».
Contrôles additionnels nécessaires
Au contraire, le Gouvernement devrait plutôt se concentrer sur le
renforcement de la loi sur la promotion. Bien que la publicité de tabac de
type « style de vie », y compris la commandite, sera interdite à partir du
1er octobre prochain, les groupes de santé s’entendent sur le fait que ce
n’est pas assez pour empêcher les stratégies de marketing visant à
recruter des nouveaux jeunes fumeurs. « On sait que l’industrie fera
tout ce qu’elle peut pour survivre, et cela veut nécessairement dire
recruter des nouveaux fumeurs pour remplacer ceux qui meurent ou qui
réussissent à arrêter. Malgré la loi, il y a encore de nombreux véhicules
et trucs publicitaires dont dispose l’industrie pour normaliser et rendre
attrayant le tabac. Le gouvernement détient des pouvoirs réglementaires
sur la promotion qui lui ont été conférés par la Loi sur le tabac pour
cette raison précise. Nous attendons impatiemment que le gouvernement
utilise ces pouvoirs pour exiger des avertissements de santé sur toutes
les publicités permises — la norme à travers le monde! — et pour
restreindre davantage la promotion directe et indirecte aux points de
vente, dans les revues spécialisées, dans les journaux universitaires et
dans les bars, » conclut Louis Gauvin.
-30-
Information
:
- Mario Bujold, directeur général, Conseil québécois sur le tabac et la
santé, (514) 948-5317 # 22; (514) 830-8343 (cellulaire)
- Nicole Magnan, directrice générale, Société canadienne du cancer -
division du Québec, (514) 255-5151
- Louis P. Brisson, directeur général, Association pulmonaire du Québec,
(514) 287-7400 #229
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