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LE JEUDI 23 JANVIER 2003 Montréal, le 23 janvier 2003 – Les statistiques publiées récemment par Santé Canada révèlent qu’au Québec, le taux de tabagisme a augmenté de 3 % au premier trimestre de 2002 (27%) par rapport à ce qu’il était en 2001 (24,1%). « C'est une augmentation très inquiétante. Au cours des dernières années, il y a eu une diminution progressive du taux de tabagisme au Québec. Soudainement, nous nous retrouvons à la hausse alors que le restant du pays a connu une baisse. Il faut se demander pourquoi nous sommes maintenant dans une situation où nous prenons du retard sur les autres provinces, » commente Louis Gauvin, porte-parole de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac.
La Coalition
s’inquiète surtout de la hausse de près de 10 % du tabagisme chez les
Québécoises de 15 à 24 ans et on s’interroge sur les raisons qui ont incité
ces jeunes femmes à commencer à fumer alors que chez les hommes du même
groupe d’âge, le taux de tabagisme est demeuré stable.
Selon ces dernières statistiques, le Québec est remonté au premier rang par rapport pourcentage du nombre de fumeurs comparativement aux autres provinces -- malgré le fait que le taux de tabagisme demeure toujours moins élevé que ce qu'il était au cours de toutes les années antérieures. Rappelons qu'en 1994, le taux de tabagisme était de 38%.
Pour la Coalition, « cela veut dire que les mesures adoptées au cour des dernières années ne représentent pas la fin du combat. Nous avons fait beaucoup de progrès en termes législatifs mais il y a encore beaucoup à faire: les dernières statistiques nous confirment que la bataille n'est pas gagnée. Il faut redoubler nos efforts pour faire avancer les politiques antitabac en adoptant ou développant d'autres interventions nécessaires. » Il faut, par exemple: - développer des campagnes mieux ciblées et plus agressives à l’image de l’Ontario et de la Colombie britannique, et surtout celles de la Floride et de Californie qui ont connu d'énormes succès auprès des jeunes ; - favoriser une augmentation plus rapide des taxes à l’instar des provinces de l’Ouest ; - interdire toute la promotion du tabac et plus particulièrement celle aux points de vente, comme l'a fait la Saskatchewan et le Manitoba, puisque les restrictions sur la publicité traditionnelle n'ont fait que déplacer les budgets promotionnels des compagnies de tabac vers les étalages et les présentoirs aux points de vente ;
- diminuer le plus possible l'exposition du public à la fumée secondaire,
notamment dans les bars et les restaurants, comme l’ont fait plusieurs
municipalités canadiennes et américaines, ainsi que la Colombie britannique.
La Coalition et ses partenaires entendent bientôt acheminer aux autorités gouvernementales appropriées leurs demandes en termes de renforcement de la stratégie québécoise de lutte au tabac.
M. Gauvin note cependant que les nouvelles statistiques ne sont pas encore tout à fait comparables aux statistiques de l'année précédente (2001), puisqu'elles ne représentent que le premier trimestre de 2002. « À la lumière des données des années antérieures, le taux observé au cour du premier trimestre est souvent plus élevé que celui pour l'année au complet ». De plus, le sondage de Santé Canada a été administré avant l’augmentation radicale des taxes de 9,09 $ la cartouche décrétée par les gouvernements en juin dernier. « Or, affirme M. Gauvin, l’augmentation du prix des cigarettes est la mesure ayant le plus d’incidence sur le taux de tabagisme. »
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- Source et information :
Louis Gauvin, Coalition québécoise pour le contrôle du tabac,
Téléavertisseur : (514) 361-7046
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